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Conférence

Lascaux sur le Nil: Les gravures rupestres de Qurta

Lascaux sur le Nil: Les gravures rupestres de Qurta

Conférence avec Dirk HUYGE, Conservateur de la collection Egypte aux Musées Royaux d’Arts et d’Histoire, Bruxelles.

Une soirée organisée en partenariat avec les Amis du Musée Champollion de Figeac (Lot).

Pendant longtemps, l’Eurasie a été considérée comme le berceau de l’art dans le monde et les remarquables peintures pariétales paléolithiques de Lascaux ont souvent été présentées comme un des points culminants de cette production ancestrale. On sait aujourd’hui que des témoignages artistiques remontant à la dernière glaciation (il y a environ 110.000 à 12.000 ans) existent sur tous les continents (excepté l’Antarctique).

Des dessins paléolithiques d’animaux avaient déjà été retrouvés au sud de l’Afrique dans les années 1960. Mais jamais une telle production artistique n’avait pu être repérée en Afrique du nord… jusque récemment, en 2005, lorsque des scientifiques des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles (Belgique) firent un découverte importante dans les environs de Qurta, un village situé entre Louxor et Assouan, en Haute Égypte, dans la vallée du Nil.

A Qurta, les archéologues retrouvèrent près de 200 gravures rupestres (pétroglyphes), réalisées en plein air, sur d’abruptes falaises de grès. La majorité d’entre elles sont des représentations réalistes d’animaux. Les aurochs (Bos primigenius), l’ancêtre sauvage aujourd’hui disparu du boeuf domestique, sont les plus fréquents, mais on trouve aussi des hippopotames, des antilopes, des gazelles, des oiseaux aquatiques et des poissons. Quelques figures d’êtres monstrueux et un petit nombre de figures humaines de femmes stylisées complètent l’ensemble.      

Grâce à la datation des dépôts de sable qui recouvraient les dessins, nous savons que cet art rupestre est vieux d’au moins 15.000 ans. Nous estimons son âge véritable à environ 19.000 à 17.000 ans. Il serait donc plus ou moins contemporain des célèbres peintures pariétales de Lascaux.

Mais comment expliquer une telle similitude, voire une parenté, entre l’art rupestre de Qurta en Égypte et celui que l’on connaît à peu près au même moment en Europe? Peut-on parler d’influence directe ou d’échange interculturel sur une telle distance ? Et pourquoi pas ? Considérant que le niveau de la mer Méditerranée se trouvait plus de cent mètres plus bas lors de la dernière glaciation, on ne peut pas exclure que des populations du Paléolithique d’Europe du sud et d’Afrique du nord aient eu des contacts intercontinentaux et aient échangé des idées artistiques et symboliques.

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